MINI-COURS IADE — Coup de chaleur & urgences caniculaires


EN UNE PHRASE : coup de chaleur = température centrale > 40 °C + troubles neurologiques = urgence vitale de réanimation. Le pronostic dépend de la vitesse de refroidissement.

  1. DEFINITIONS
    – Vigilance Météo-France : vert (veille saisonnière), jaune (pic de chaleur), orange (canicule), rouge (canicule extrême — toute la population concernée).
    – Coup de chaleur : T° centrale > 40 °C + dysfonction du SNC. Forme classique (sujet âgé/fragile, en canicule) ; forme d’effort (sport, travail exposé).
  2. PHYSIOPATHOLOGIE (L’ESSENTIEL)
    Hyperthermie → réponse inflammatoire systémique → lésions tissulaires → défaillance multiviscérale engageant le pronostic vital.
  3. RECONNAITRE
    – Troubles neurologiques (confusion, agitation, convulsions, coma) + T° > 40 °C.
    – Peau chaude, sèche dans la forme classique ; sueurs possibles au début ou à l’effort.
    – Éliminer un sepsis / une méningite — mais sans jamais retarder le refroidissement.
  4. CONSEQUENCES A SURVEILLER
    Neurologique · collapsus / instabilité hémodynamique · rhabdomyolyse · insuffisance rénale aiguë · CIVD · cytolyse hépatique · acidose lactique · troubles ioniques.
  5. PRISE EN CHARGE — PRIORITES IADE
    – Refroidir d’abord, immédiatement. Objectif : T° centrale < 39 °C en moins d’une heure.
    – Préhospitalier : déshabiller, linges humides + ventilation, froid au contact des axes vasculaires ; immersion en eau froide si coup de chaleur d’effort.
    – Hôpital : méthodes conductives et évaporation-convection (drap humide sur arceaux + ventilateur d’air sec, vessies de glace), dispositifs asservis à la température.
    – Monitorage T° centrale continu (sonde œsophagienne ou vésicale) : guide et arrête le refroidissement (éviter l’hypothermie de rebond).
    – Voies aériennes / ventilation : si troubles de conscience → intubation et VM ; sédation-curarisation réduit l’hypermétabolisme.
    – Hémodynamique : remplissage NaCl 0,9 %, noradrénaline si besoin (sur prescription), surveillance de la diurèse.
    – Pas d’antipyrétiques (inefficaces) ; aucun examen ne doit retarder le refroidissement. Orientation : USC / réanimation.
  6. DIAGNOSTICS DIFFERENTIELS (REFLEXE ANESTHESIE)
    – Hyperthermie maligne (peropératoire : gaz halogénés, succinylcholine) → arrêt de l’agent + dantrolène + refroidissement.
    – Syndrome malin des neuroleptiques → arrêt du neuroleptique + traitement de support.
    – Syndrome sérotoninergique → arrêt de l’agent en cause + support.
  7. PIEGES & POINTS CLES
    – Le retard à l’appel et au refroidissement est la 1re cause de décès évitable.
    – En canicule : patients déshydratés ; médicaments à risque (diurétiques, antiHTA, psychotropes) → vigilance préanesthésique et en SSPI.
    – Une hyperthermie postopératoire impose d’éliminer un diagnostic différentiel avant d’incriminer la seule chaleur ambiante.
    – La prévention reste le meilleur traitement

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